गुणत्रयविभागयोग
27 Versets
श्रीभगवानुवाच |
Le Seigneur Bienheureux dit : Je vais de nouveau t'exposer la connaissance suprême, la meilleure de toutes les connaissances, celle par laquelle tous les sages (munis), l'ayant connue, ont atteint la perfection suprême après cette vie.
Le Seigneur Bienheureux dit : Je vais de nouveau t'exposer la connaissance suprême, la meilleure de toutes les connaissances, celle par laquelle tous les sages (munis), l'ayant connue, ont atteint la perfection suprême après cette vie.
Ceux qui, ayant pris refuge en cette connaissance, atteignent Mon identité (sādharmyam), ne naissent pas même au moment de la création et ne sont pas perturbés lors de la dissolution.
Ma matrice (yoni) est le grand Brahman (Mahat Brahma). En elle Je dépose le germe. De là, ô Bhārata, naît l'existence de tous les êtres.
Ô Kaunteya, quelles que soient les formes qui naissent de toutes les matrices, de celles-ci, le grand Brahman est la matrice, et Je suis le père qui donne la semence.
Ô puissant (Mahābāho), les guṇas (attributs ou qualités), à savoir sattva, rajas et tamas, nés de la Prakriti (Nature), lient l'être incarné (dehinam) immuable au corps.
Parmi eux, le sattva, étant pur (nirmala), est lumineux (prakāśakam) et exempt de maladie (anāmayam). Ô Anagha (sans péché), il lie par l'attachement au bonheur et par l'attachement à la connaissance.
Sache que le rajas est de la nature de la passion, né du désir ardent et de l'attachement. Ô fils de Kunti, il lie l'être incarné par l'attachement à l'action.
D'autre part, sache que le tamas, qui égare tous les êtres incarnés, est né de l'ignorance. Ô descendant de la dynastie de Bharata, il lie par l'inattention, la paresse et le sommeil.
Ô descendant de la dynastie de Bharata, le sattva attache au bonheur, le rajas à l'action, tandis que le tamas, voilant la connaissance, mène aussi à l'inattention.
Ô descendant de la dynastie de Bharata, le sattva prédomine en subjuguant le rajas et le tamas ; le rajas en dominant le sattva et le tamas ; et le tamas en maîtrisant le sattva et le rajas.
Lorsque l'illumination qu'est la connaissance rayonne dans ce corps à travers toutes les portes (des sens), alors on doit savoir que le sattva a considérablement augmenté.
Ô le meilleur de la dynastie de Bharata, lorsque le rajas devient prédominant, ceux-ci apparaissent : l'avarice, l'activité, l'entreprise d'actions, l'agitation et le désir ardent.
Ô descendant de la dynastie de Kuru, lorsque le tamas prédomine, ceux-ci surgissent assurément : le manque de discernement et l'inactivité, l'inattention et l'illusion.
Lorsqu'un être incarné meurt alors que le sattva est exclusivement prédominant, il atteint alors les mondes immaculés de ceux qui connaissent les entités suprêmes.
Quand on meurt alors que le rajas prédomine, on naît parmi les personnes attachées à l'action. De même, quand on meurt alors que le tamas prédomine, on prend naissance parmi les espèces stupides.
Ils disent que le résultat d'une bonne action est pur et naît du sattva. Mais le résultat du rajas est la souffrance ; le résultat du tamas est l'ignorance.
Du sattva naît la connaissance, et du rajas, assurément, l'avidité. Du tamas proviennent l'inattention et l'illusion, ainsi que l'ignorance, à coup sûr.
Ceux qui sont établis dans le sattva s'élèvent ; ceux qui sont dans le rajas demeurent au milieu ; ceux qui sont dans le tamas, adhérant aux actions de la plus basse qualité, descendent.
Lorsque le témoin ne voit aucun autre agent que les gunas, et qu'il connaît ce qui est supérieur (différent) aux gunas, il atteint Ma nature.
Ayant transcendé ces trois gunas, qui sont à l'origine du corps, l'être incarné, libéré de la naissance, de la mort, de la vieillesse et des souffrances, goûte à l'Immortalité.
Arjuna dit : « Ô Seigneur, par quels signes reconnaît-on celui qui a transcendé ces trois gunas ? Quel est son comportement, et comment transcende-t-il ces trois gunas ? »
Le Bienheureux Seigneur dit : « Ô fils de Pandu, il ne déteste ni l'illumination (la connaissance), ni l'activité, ni l'illusion quand elles se manifestent, et il ne les désire pas non plus quand elles disparaissent. »
Celui qui, assis comme un indifférent, n'est pas troublé par les gunas ; celui qui, pensant que seuls les gunas agissent, demeure ferme et ne vacille pas.
Celui pour qui la peine et le bonheur sont égaux, qui est établi en son propre Soi, pour qui une motte de terre, une pierre et l'or sont identiques, pour qui l'agréable et le désagréable sont pareils, qui est sage, pour qui le blâme et sa propre louange sont les mêmes ;
Celui qui est égal dans l'honneur et le déshonneur, qui est pareillement disposé envers l'ami et l'ennemi, qui a renoncé à toutes les entreprises – celui-là est dit avoir transcendé les gunas.
Et celui qui Me sert par le bhakti yoga inébranlable, celui-là, ayant transcendé ces gunas, devient digne d'atteindre l'état de Brahman.
Car Je suis le fondement du Brahman – l'indestructible et l'immuable, l'éternel, le Dharma et la félicité absolue.